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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 08:57

 

Ce matin, une Huppe Fasciée s’est aventurée confiante sur les graviers du jardin

très près du chat qui commençait à faire vibrer ses babines en miaulant de plaisir… 

Il a fallu que je regarde par la fenêtre pour que le malheur se transforme en joie…

La vie ne tient que dans un claquement de mains…

souslesarbres
28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 13:02

 

  OMBRES... 

 

Comme deux ombres reflètent leur forme sur la route...

 nous marchions côte à côte bien qu'éloignés...

     Comme la nuit venue efface les ombres

      nous disparaissions souvent 

 pour nous superposer au soleil naissant...

Puis... quand tous les soleils se sont éteints...

     la forme des ombres a disparu

    pour faire place à la transparence

        d'un vide apaisant...

          d'une nuit silencieuse

        opaque 

         sans fin 

            Les ombres ne mentent pas

            Les ombres ne pleurent pas...

 

                                                                               

                                                            

souslesarbres
8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 14:09
Image © Manal Khan

Image © Manal Khan

 

Derrière les Moucharabieh de ma vie…

je regarde le monde geindre et se déchirer

 

À  l’abri des claires-voies où passe la lumière

je peux sans crainte m’isoler sans participer…

 

Mon coeur ressemble à un Moucharabieh 

que j’ai sculpté et forgé au fil de mes années…

 

souslesarbres
13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 12:43
Lumière....

 

Chaque jour... la lumière se fait de plus présente

et pour moi qui suis une graine du sud...

j'ai enfin l'impression de sortir de ma coquille nacrée

et de revivre pleinement... 

souslesarbres
28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 08:46

Une Palombe a surgi furtivement au dessus de la cour intérieure

et dans son vol rapide, elle a laissé derrière elle une petite plume légère

qui a virevolté longtemps dans la lumière…

C'était mon premier message du matin...

souslesarbres
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 13:09
Vive Le Soleil !…

Le grand soleil du Printemps s'infiltre partout comme un paparazzi qui cherche l'image du jour…

Caché derrière le volet fermé, il attend patiemment son heure de gloire, pour inonder les pièces de sa lumière.

Les nouvelles feuilles des arbres endormis de l'hiver se transforment d'heure en heure, et la beauté éclabousse le jardin...

Comme c'est bon de revoir enfin cet ami d'une vie… celui qu'on attend patiemment et qui tient toujours sa promesse !

Image
"Flight of the Sun" © Vladimir Kush
souslesarbres
11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 07:28
L'Arbre De Judée

L'arbre de Judée s'enroule autour du pin

comme la couronne d'une jeune mariée…

et c'est la fête dans les jardins

la grande saison des miracles qui colore tout

qui embellit tout

parfume tout...

souslesarbres
1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 14:38
"l'Histoire des Hommes"

Un convoi de mirages de guerre est passé furtivement dans le ciel bleu du jardin…

Leur bruit assourdissant a résonné comme une insulte à la tiédeur de cette magnifique journée calme et ensoleillée…

Le passage de ces masses sombres et effrayantes m'a sorti de mon rêve éveillé pour me rappeler l'histoire des hommes.

souslesarbres
19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 08:30
Lycée de Kouba 1960

Lycée de Kouba 1960

La toute première fois que j'ai quitté la quiétude et la douceur du village de mon enfance, c'était l'année où j'ai été admise en sixième, pensionnaire au lycée de jeune fille franco-musulman de Kouba, dans la grande banlieue d'Alger. La décision n'était pas négociable, mon frère était précédemment interne chez les pères blancs à Maison Carré, et ça le rendait plutôt heureux.

Mais pour moi ce fut un vrai déchirement de quitter mon chien Dick, mon grand jardin et ma vie solitaire dans mon village de Saoula. Cette immersion en communauté fut sans doute l'épreuve la plus difficile et inadaptée que j'ai eu à subir dans ma vie. Chaque soir, quand je retrouvais le grand dortoir et ses lits alignés les uns près des autres, je priais tous les saints pour qu'un miracle me sauve de cette prison qui m'empêchait de respirer normalement… Je me souviens avoir imaginé un plan fiable pour quitter l'internat sans passer par la grande porte très surveillée où sortaient les externes… Je voulais bien jouer le jeu de la discipline pendant le jour car j'étais d'une nature calme et disciplinée, mais le soir, devoir partager mon moment de "rêverie" entourée de filles avec qui je n'avais rien en commun était au dessus de mes forces… Je ne pouvais plus rêver et je mourais à petit feu. Et pourtant, la libération est arrivée par la violence… mais elle est enfin arrivée trois mois après la rentrée.

Un matin de cet hiver doux que nous connaissions là-bas… tout jute au début de la grande récréation, les élèves d'origine algérienne se sont soudainement ruées violemment sur nous les autres élèves. Et c'était l'affolement général dans la cour et dans les couloirs où des filles hurlaient et couraient dans les classes et vers la grande porte du pensionnat pour se protéger des insultes, des coups et des objets qui fusaient tout autour de nous.

Je me souviens avoir eu l'idée de me réfugier dans le bureau de la surveillante générale du lycée. Le bureau de mademoiselle Uni était généralement le dernier endroit où chacune de nous avait envie de séjourner car elle était stricte et d'un naturel sévère. Mais ce matin là, j'avais ouvert et refermé la porte de ce lieu sans complexe pour me réfugier sous le grand bureau…

Jamais je n'oublierai la bienveillance de mademoiselle Uni au moment où elle m'avait surprise dans son bureau juste après que la police et l'armée soient arrivées sur les lieux…

Ma famille et celles des internes ayant été prévenues rapidement par téléphone, ma mère était venue me chercher avant le soir et je n'ai plus jamais remis un pied dans ce lycée qui était à l'époque l'un des plus modernes lycées français.

J'ai donc fini mon année scolaire, la dernière dans mon pays bleu… à l'école communale de Birkadem tout prés de Saoula. Chaque matin je partais en bus dans la joie et la bonne humeur, pour revenir dans la soirée retrouver mon chien, mon jardin et la tranquillité de ma grande chambre où je pouvais enfin m'endormir en rêvant malgré les grilles installées aux fenêtres et le bruit feutré des patrouilles qui quadrillaient le village à l'heure du couvre feu…

Ces derniers mois de liberté dans cette école de Birkadem sont encore très présents dans mon souvenir, et je n'oublierai jamais la rigueur des cours d'anglais de Monsieur Bart notre professeur, et la cuisine délicieuse et familiale que nous préparait une dame sympathique et chaleureuse à la cantine le midi. Nous n'étions qu'une dizaine installés autour de la grande table massive dressée sous le grand préau de la cour, et le goût unique des pâtes à la bolognaise qu'elle nous servait généreusement est toujours présent…

Et quelques mois plus tard… j'ai à nouveau quitté mon petit village aux terres ocres de la wilaya d'Alger, mais cette fois-ci c'était pour toujours…

Birkadem années 1950

Birkadem années 1950

souslesarbres
7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 17:36
  Dick & Finaud

Dans la propriété familiale de mon village de Saoula en Algérie, quand j'étais encore enfant, nous avions adopté un chiot issu des amours d'une magnifique femelle Groenendael, et d'un chien de ferme sans pedigree… mais certainement très amoureux de la belle…

Notre chien qui à l'âge adulte s'était révélé très chasseur sans doute à cause de sa descendance paternelle, passait ses journées dans la grande véranda qui longeait notre maison. Mais le soir venu, nous lui rendions sa "liberté surveillée" dans le grand jardin pour qu'il puisse s'ébattre à loisir…

Plus haut dans la propriété, mon oncle avait lui aussi un adorable Beagle anglais nommé finaud, un vrai chien de chasse qui lui pratiquait régulièrement cette triste activité avec son maître. Finaud avait le même emploi du temps que Dick dans la journée.

Les deux "cousins" avaient leurs habitudes et passaient tous les soirs de longues heures à jouer comme des petits fous jusqu'à épuisement… mais un jour, les deux compères manquaient à l'appel… plus de nouvelle des deux chiens qui s'étaient certainement enfuis par la grande porte de la propriété sans doute mal refermée. Finaud lui, avait fini par rejoindre son grand box douillet après que nous ayons appelé, cherché, demandé au voisinage et autour du village désespérément. Malheureusement aucune nouvelle du grand Dick jusqu'au soir…

Le lendemain matin, ma grand mère qui comme à son habitude avait pris énergiquement les choses en main, m'avait demandé de l'accompagner avec mes cousins pour des recherches plus approfondies sur les terres cultivées qui entouraient le village. Finaud nous accompagnait tenu en laisse. Nous avons marché pendant plus d'une heure en criant Dick… Dick… jusqu'à s'en égosiller les cordes vocales à travers les vignes et les plantations fruitières, guidés pas Finaud qui filait comme un lapin et nous faisait courir entre les arbres et les bosquets sauvages à perte de vue.

Puis nous sommes enfin arrivés devant un petit ravin où notre Dick était pris dans un piège, un fil d'acier autour du bassin.

Je n'oublierai jamais sa bonne tête noire à l'oreille cassée et ses grands yeux dorés ivres de bonheur dès qu'il nous a reconnus. Finaud qui frétillait en manifestant sa joie nous avait finalement amené à l'endroit où son grand copain avait fini leur folle escapade de la veille.

Plus de peur que de mal, mais pendant que la moitié de la troupe était restée avec le prisonnier, nous avions dû aller chercher mon oncle présent chez lui ce jour là, pour qu'il vienne libérer le chien avec la pince qui convenait à la situation.

Après cette mésaventure, les deux chiens ont continué longtemps leurs jeux dans le jardin de la propriété, et n'ont plus jamais pris la poudre d'escampette jusqu'au jour où ils ont embarqué eux aussi sur le même grand bateau blanc qui les a éloignés chacun dans des vies séparées, bien loin de leur paradis perdu où ils étaient si heureux…

  Dick & Finaud
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  • : SOUS LES ARBRES
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  • : Pendant que le monde va à sa destinée… moi je reste là… sous les arbres avec mes musiques et mes souvenirs… parfois révoltée, parfois apaisée… mais vivante. © Gabrielle.Ségui - Textes non libres de droits- aout 2011
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