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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 12:12
ALGER...

Avant chaque changement de saison, j'accompagnais ma mère au centre d'Alger, pour faire les magasins, car cette dernière était très coquette, et cousait beaucoup, pour rester à la pointe de la mode. Et pour moi qui vivait dans un village de trois cent habitants, "descendre à Alger" était toujours un moment extraordinaire…

Le rituel d'arrivée était souvent d'aller chercher une de mes tantes qui habitait dans un grand appartement en étage, entouré de balcons qui donnaient sur un square vers les premières hauteurs de la ville.

Cet appartement représentait pour moi un mode de vie étonnant… et j'oserais même dire que je me sentais comme dans un autre monde… ou dans un film...

Nous commencions joyeusement notre après-midi par la rue D'Isly, une des deux des plus grandes artères commerçantes de la ville. L'étape incontournable était de se rendre en tout premier dans le magasin de tissus qui donnait sur la place du même nom, où ma mère choisissait les motifs de la dernière tendance pour ses nouvelles toilettes.

Et là, c'était un peu comme si nous rendions visite à quelqu'un de notre famille… chacun donnait son avis sur la qualité du tissu et parlait de tout et de rien dans une atmosphère très gaie et détendue, car depuis des années, il était hors de question d'acheter les tissus dans une autre boutique que "chez Rolene".

Quand ma mère et ses soeurs disaient : on va voir chez Rolene ! c'était comme si elle allait à la recherche de trésors…

Pendant ce temps long mais néanmoins plaisant, j'attendais assise sagement sur un des grands comptoirs du magasin, alors que le vendeur déroulait ses lourds rouleaux de tissus colorés qu'il venait de recevoir de France… (référence ultime du chic à Alger à cette époque !…)

J'adorais voir tous ces tissus que je trouvais plus beaux les uns que les autres… même si à force de rester longtemps dans ce lieu clos, j'avais toujours les yeux qui piquaient à cause des émanations de fibres.

Et souvent… ce commerçant intarissable sur le tissu... coupait "large" pour que je puisse avoir un vêtement assorti à celui de ma mère… Puis nous continuions notre après-midi à chercher les chaussures, le sac et les gants qui s'accommoderaient parfaitement à la couleur de la robe ou du manteau à venir…

La semaine qui précédait les vacances d'été, nous allions plus haut dans la rue Michelet, pour y choisir les maillots dans une boutique où la collection du "must" des marques de Paris s'offrait sur les élégants mannequins en papier mâché installés dans la vitrine.

Et avant l'heure du couvre feu, inconscientes des dangers que nous courrions sur la route... la voiture chargée de paquets, nous retrouvions le calme de notre petit village qui lui n'avait seulement qu'une pharmacie, une boucherie et trois épiceries. La vie dans mon village était à l'opposé de celle d'Alger, qui fût une des plus grande et plus belle métropole française…

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  • : Pendant que le monde va à sa destinée… moi je reste là… sous les arbres avec mes musiques et mes souvenirs… parfois révoltée, parfois apaisée… mais vivante. © Gabrielle.Ségui - Textes non libres de droits- aout 2011
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