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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 13:07

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                                           Marc Chagall  "Amoureux de Vence"

 

 

Reste l'amour qui nous enlève de tout sans nous sauver de rien.
La solitude est en nous comme une lame, profondément enfoncée dans les chairs. On ne pourrait nous l'enlever sans nous tuer aussitôt.
L'amour ne révoque pas la solitude. Il l'a parfait. il lui ouvre tout un espace pour brûler.
L'amour n'est rien de plus que cette brûlure, comme au blanc d'une flamme. Une éclaircie dans le sang. Une lumière dans le souffle. Rien de plus. Et pourtant il me semble que toute une vie serait légère penchée sur ce rien. Légère, limpide : l'amour n'assombrit pas ce qu'il aime. Il ne l'assombrit pas parce qu'il ne cherche pas à le prendre. il le touche sans le prendre. Il le laisse aller et venir. Il le regarde s'éloigner, d'un pas si fin qu'on ne l'entend pas mourir : éloge du peu, louange du faible. L'amour s'en vient, l'amour s'en va. Toujours à son heure, jamais à la nôtre. Il demande, pour venir, tout le ciel, toute la terre, toute la langue. Il ne saurait tenir dans l'étroitesse d'un sens. Il ne saurait même pas se se contenter d'un bonheur.
L'amour est liberté. La liberté ne va pas avec le bonheur. Elle va avec la joie. La joie est comme une échelle de lumière dans notre coeur. Elle mène à bien plus, plus haut que nous, à bien plus haut qu'elle : là où plus rien n'est à saisir, sinon l'insaisissable.

Christian Bobin " Eloge de rien"

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  • : Pendant que le monde va à sa destinée… moi je reste là… sous les arbres avec mes musiques et mes souvenirs… parfois révoltée, parfois apaisée… mais vivante. © Gabrielle.Ségui - Textes non libres de droits- aout 2011
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