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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 22:31
La Baie D'Alger été 61 © Françoise Ségui

La Baie D'Alger été 61 © Françoise Ségui

Mon père qui n'a jamais eu peur de rien ni de personne dans sa vie, avait décidé un jour d'été… de nous emmener à bord de son canot de pêche, pour surprendre la famille de ma mère jusqu'aux plages de Guyotville, à plus de quarante kilomètres de Verte-Rive où nous avions notre maison de vacances.

Ce dimanche matin, la mer était calme, et aucune perturbation n'était annoncée pour la suite de la journée. Mon père avait l'habitude de la navigation dans cette baie qu'il connaissait depuis l'enfance, et le bateau en bois d'acajou aussi beau que fiable avait été construit par mon oncle Jean Lonzarich, un talentueux charpentier de marine apprécié et reconnu.

Après un départ euphorique et joyeux, mon père à la barre… ma mère, mon frère et moi installés au centre du bateau, la houle avait soudainement commencé à grossir à l'approche des côtes d'Alger, et des vagues de trois mètres de haut balançaient l'embarcation qui semblait de plus en plus petite à côté d'un navire qui croisait près de nous. Bien sûr nous étions bon nageurs, mais totalement apeurés et figés par cette épisode inattendu. Mon père qui se sentait un peu responsable se faisait discret et ma mère beaucoup moins...

À la suite d'une vingtaine de minutes interminables… et aussitôt après avoir contourné les rochers de la Pointe-Pescade, la navigation vers Guyotville s'était faite de plus en plus calme et notre euphorie revenait à bord du bateau…

Le voyage avait continué le long de la côte jusqu'à La Madrague "le Saint Tropez algérois" et nous étions enfin arrivés sur une immense plage de sable blond, sauvage et déserte, ceinturée par de larges dunes, où ma famille avait l'habitude de passer de belles journées.

Notre arrivée surprise à l'heure du repas devant la plage avait reçu un accueil triomphant… et nous nous sentions comme de grands aventuriers qui venaient d'accomplir un exploit…

Une grande bâche qui servait de tente était dressée comme toujours au bord de l'eau, et sur des tréteaux, s'étalaient des salades, des pizzas et toute sorte de nourritures généreuses et appétissantes…

La suite de cette traversée mémorable s'était poursuivie dans le calme et la beauté de cette journée ensoleillée... à nous baigner et à marcher longtemps sur la plage les pieds dans l'eau.

Le soir venu, nous avions décidé de ne pas renouveler l'aventure pour le retour, et nous sommes rentrés sagement en voiture, raccompagnés par la famille guyotvilloise, le bateau suivant sur une remorque.

"Le bonheur des français dAlgérie passait toujours par la mer… qui n'en finissait pas de nous aimer et de nous enfanter."

souslesarbres
10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 16:39
SAOULA

 

Il s'appelait Saoula le village de mon enfance au soleil !…

Là-bas… il y avait mes amis de la prime jeunesse, ceux chez qui je partageais souvent un goûter le jeudi après-midi, et que j'allais chercher tous les jours jusqu'au bout du village, pour parcourir le chemin de l'école, juste en face de la grande église blanche aux murs nacrés, où je passais de longs moments à regarder la statue de la Vierge Marie, les mains jointes, parée de sa large ceinture bleue nouée autour de la taille, et à admirer la sculpture des roses posées sur les doigts fins de ses pieds.

Son visage souriait avec bienveillance malgré les stations du chemin de croix qui entouraient l'église où son fils était humilié et martyrisé. Ça me rendait triste pour elle… et pour lui. Chaque année je redoutais cette messe du vendredi saint, où j'étais obligée de supporter cette violence injuste et barbare…

Souvent, à la sortie des classes, nous allions visiter la grande épicerie des "Mozabites" travailleurs infatigables qui s'affairaient devant leurs étales à ranger des milliers de produits divers, odorants et colorés… pour y acheter des réglisses ou des coquillages remplis de caramel sucré à souhait… que nous gardions dans notre cartable toute la journée.

Le dimanche après la messe… avant de rentrer chez moi, j'allais comme on va en pèlerinage… avec ma pièce de dix francs dans la poche, chercher un feuilleté aux poivrons tomates, dans un bistrot qui faisait dépôt de pain juste à la sortie du village. La propriétaire savait que je viendrais et gardait pour moi dans l'arrière salle, ce précieux met qu'elle avait commandé. Je me souviens encore du petit sachet en papier fin que j'ouvrais délicatement et du goût incomparable de ce régal que je savourais sur le chemin qui me ramenait à la maison.

De l'autre côté d'un pont, face au bistrot routier, il y avait un chemin qui menait vers l'atelier ouvert d'un forgeron, tout près d'un affluent de l'oued Kerma. Et là… tout en contrebas de la forge, j'avais construit "mon" refuge secret au bord de la rive, dans un recoin caché, où j'avais planté des roseaux dans la terre ocre et humide, pour me faire une cabane. Je m'y rendais souvent après la classe, pour vérifier si rien n'avait bougé.

Dans ce lieu hors du temps… je me sentais vraiment chez moi. Personne ne connaissait ce secret hormis le forgeron qui me voyait passer sur ce chemin peu fréquenté. j'étais certainement inconsciente de séjourner seule au bord de l'oued, mais la proximité de la forge me rassurait…

Mon village aux terres fertiles de la Wilaya d'Alger, je le connaissais par coeur et son doux souvenir ne me quitte jamais…

il se nommait Saoula le village de mon enfance… C'était un joli nom.

souslesarbres
9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 15:41
UN MATIN DU MONDE...

Un matin du monde… vous regardez vos parents fermer "symboliquement" la porte de votre maison à clé, en sachant très bien que vous ne reviendrez jamais dans ce lieu chaleureux qui vous a vu naître…

Vous le savez parce que depuis quelques mois, beaucoup de vos amis et d'autres membres de votre famille sont déjà partis en laissant leur meubles et leur vie derrière eux…

Mais ce jour-là… entassés sur le port de la ville blanche écrasée de soleil, vous n'y croyez pas vraiment… vous êtes comme anesthésiés… vous suivez… vous fuyez la peur au ventre avec le grand chien en laisse qui ne comprend pas non plus où il va… mais qui est tout heureux d'être avec vous…

Dans la file interminable, vous avez tout le temps de regardez le visage des femmes aux yeux mouillés… et celui des hommes graves et hagards qui regardent longtemps la ville blanche s'éloigner... jusqu'à ce qu'elle disparaisse derrière l'écume immaculée du sillage.

Ce matin là… Vous allez embarquer vers l'inconnu… entassés dans les cales d'un bateau surchargé et silencieux… les places en cabines ayant étés déjà réservées depuis longtemps…

Ce matin de votre adolescence… vous ignorez que plus jamais vous n'entendrez plus la prière du soir, qui résonnait depuis la casbah tout en haut de votre village, et vous ne comprenez pas encore que plus jamais vous ne pourrez respirer cette brise légère et tiède qui vous accompagnait partout où vous alliez…

Sur l'esplanade brûlante de cette scène tragique, vous ne savez pas que l'exil est comme un champignon qui se multiplie sur chaque partie du corps et qui vous comprime le cerveau jusqu'à en perdre la raison.

souslesarbres
5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 06:13
PLEURER L'ALGÉRIE…

Chacun sait que tous les exilés pleurent le pays auquel ils ont été arrachés.

Même si ce pays qu'ils regrettent tant se trouvait sur des terres arides… froides, sans couleurs et sans relief.

Mais pleurer l'Algérie ce n'est pas pleurer pour rien…

Pleurer ce ruban du nord de l'Afrique qui osait se marier avec le sud de cette Méditerranée si tiède… si bleue...

Pleurer cette côte sans fin… qui imposait insolante et sans retenue son immense désert jusqu'au coeur de l'Afrique...

Regretter ce pays où le climat offrait à sa terre fertile les meilleurs fruits gorgés de sucre et de soleil…

Pleurer l'Algérie, c'est pleurer le silence et la mer calme du matin quand le sirocco faisait encore la grâce matinée avant de se réveiller pour sa danse nacrée de l'après-midi.

Pleurer L'Algérie… ce n'est pas pleurer pour rien...

souslesarbres
3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 12:12
ALGER...

Avant chaque changement de saison, j'accompagnais ma mère au centre d'Alger, pour faire les magasins, car cette dernière était très coquette, et cousait beaucoup, pour rester à la pointe de la mode. Et pour moi qui vivait dans un village de trois cent habitants, "descendre à Alger" était toujours un moment extraordinaire…

Le rituel d'arrivée était souvent d'aller chercher une de mes tantes qui habitait dans un grand appartement en étage, entouré de balcons qui donnaient sur un square vers les premières hauteurs de la ville.

Cet appartement représentait pour moi un mode de vie étonnant… et j'oserais même dire que je me sentais comme dans un autre monde… ou dans un film...

Nous commencions joyeusement notre après-midi par la rue D'Isly, une des deux des plus grandes artères commerçantes de la ville. L'étape incontournable était de se rendre en tout premier dans le magasin de tissus qui donnait sur la place du même nom, où ma mère choisissait les motifs de la dernière tendance pour ses nouvelles toilettes.

Et là, c'était un peu comme si nous rendions visite à quelqu'un de notre famille… chacun donnait son avis sur la qualité du tissu et parlait de tout et de rien dans une atmosphère très gaie et détendue, car depuis des années, il était hors de question d'acheter les tissus dans une autre boutique que "chez Rolene".

Quand ma mère et ses soeurs disaient : on va voir chez Rolene ! c'était comme si elle allait à la recherche de trésors…

Pendant ce temps long mais néanmoins plaisant, j'attendais assise sagement sur un des grands comptoirs du magasin, alors que le vendeur déroulait ses lourds rouleaux de tissus colorés qu'il venait de recevoir de France… (référence ultime du chic à Alger à cette époque !…)

J'adorais voir tous ces tissus que je trouvais plus beaux les uns que les autres… même si à force de rester longtemps dans ce lieu clos, j'avais toujours les yeux qui piquaient à cause des émanations de fibres.

Et souvent… ce commerçant intarissable sur le tissu... coupait "large" pour que je puisse avoir un vêtement assorti à celui de ma mère… Puis nous continuions notre après-midi à chercher les chaussures, le sac et les gants qui s'accommoderaient parfaitement à la couleur de la robe ou du manteau à venir…

La semaine qui précédait les vacances d'été, nous allions plus haut dans la rue Michelet, pour y choisir les maillots dans une boutique où la collection du "must" des marques de Paris s'offrait sur les élégants mannequins en papier mâché installés dans la vitrine.

Et avant l'heure du couvre feu, inconscientes des dangers que nous courrions sur la route... la voiture chargée de paquets, nous retrouvions le calme de notre petit village qui lui n'avait seulement qu'une pharmacie, une boucherie et trois épiceries. La vie dans mon village était à l'opposé de celle d'Alger, qui fût une des plus grande et plus belle métropole française…

souslesarbres
26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 15:18
Le Rendez-Vous…

À Saoula, notre village de l'autre côté du bleu... ma grand-mère paternelle Jeanne m'invitait souvent le jeudi après-midi, à l'accompagner au cimetière qui se trouvait à plus d'un kilomètre de notre maison.

C'était un rendez-vous avec son époux disparu lorsque je n'étais encore qu'un bébé… Ce grand-père que je n'avais pas vraiment connu était un homme grave et protecteur, à la stature imposante et au regard bleu… Il fut son seul amour, dont le souvenir l'accompagna jusqu'à son dernier souffle. Son portrait n'ayant jamais quitté la table de chevet de sa chambre, ce visage très masculin au regard franc m'était devenu familier… et nous ses petits-enfants, nous vivions aussi avec son souvenir et ce portrait à qui elle offrait une fleur chaque matin…

Ces jours là, nous partions tôt l'après-midi sur la petite route calme et boisée qui longeait les vignobles… et ma grand-mère, chapeautée d'une capeline de paille ornée d'un bouquet de cerises, prenait toujours soin d'emmener dans son panier un bouquet de fleurs, quelques goûters et de quoi nous désaltérer pendant le trajet.

Et comme si c'était hier, je me souviens toujours qu'à mi-chemin, il y avait la grande entrée d'une propriété, avec son chemin sombre bordé d'arbres majestueux qui arrivaient jusqu'à une bâtisse cossue et cachée, que l'on devinait à peine… c'était mystérieux et j'aimais cette sensation… cette maison isolée où je rêvais d'habiter enfant me revient souvent en mémoire...

La première fois où j'ai accompagné ma grand-mère vers son rendez-vous… j'avais une certaine appréhension en pensant à ce lieu qui était synonyme de Mort. Avec la naïveté de ma prime jeunesse, je lui avais posé quelques questions à ce sujet, et elle m'avait répondu que je n'avais aucune inquiétude à avoir, car moi, sa première petite fille, j'étais une rose, et que les roses ne meurent jamais… convaincue par cette affirmation à laquelle je croyais religieusement… je n'avais plus jamais eu peur des cimetières, bien au contraire.

Pendant que cette femme inconsolable et dévouée installait le nouveau bouquet en prenant soin de la tombe de marbre gris, j'adorais me promener seule parmi les allées boisées et les petites chapelles du cimetière silencieux. J'avais l'impression que ceux qui n'étaient plus... se réjouissaient de ce mouvement autour de leur repos…

Et puis nous refermions la grille de fer forgé un peu triste de laisser la tombe désertée… et nous repartions vers le village, heureuses malgré tout, d'imaginer que mon grand-père se sentait toujours aimé...

Aujourd'hui le cimetière ne reçoit plus de visiteurs… mais pour moi, il reste présent dans le souvenir de ces rendez-vous d'un amour...

souslesarbres
23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 06:45
Guyotville

Guyotville, c'est là où je suis née… à deux pas de la mer… juste devant le grand lavoir de l'époque romaine, entre la maison familiale et les rochers…

C'était mes grands-parents maternels qui vivaient dans cette petite ville "pimpante" à l'ouest d'Alger, où très souvent nous allions passer la journée du dimanche en famille…

D'origine italienne, mes grands-parents avaient une fabrique de pâtes alimentaires derrière leur maison qui commençait de la mer en montant jusqu'à la rue principale de la petite ville. C'était un bloc de pièces en enfilade où nous aimions jouer en nous cachant autour du grand pétrin de marbre, ou entre les tréteaux de toile de jute, dans les salles où séchaient des pâtes de toutes les formes, en attendant d'être empaquetées…

Plus bas dans la cuisine, ma mère et ses soeurs se racontaient et se racontaient... tout en découpant des carrés de pizza aux anchois que ma grand mère avait préparée tôt le matin, et fait cuire dans le four de la boulangerie de la grand rue…

Heureuses de se retrouver, les trois soeurs goûtaient l'incontournable et traditionnelle sauce bolognaise que tout le monde attentait avec impatience tellement elle était délicieuse… pâtes fraîches descendues directement de la fabrique juste à côté : qui pouvait rêver mieux !…

Ma grand-mère était une femme qui nourrissait… Tous ceux qui franchissaient sa porte trouvaient de quoi faire un festin à toute heure de la journée. Rien ne manquait… ma grand-mère voulait qu'on mange…

Contrairement à la famille de mon père qui était plus réservée… "les italiens" eux parlaient plus fort, et la gaité était de mise et régnait en maître. Alors à l'heure de s'installer autour de la grande table où chacun avait sa place habituelle, le brouhaha se faisait de plus en plus dense, et les visages plus souriants…

Et comme dans les films de la Cinécittà, l'arrivée du grand plat fumant sur la table provoquait des exclamations et des applaudissements… c'était la fête… la grande fête de la simplicité… celle de ma jeunesse… celle qui ne reviendra jamais.

Souvent… à la fin du repas, quelqu'un s'écriait : une chanson !… et je montais volontiers au centre de la grande table pour chanter "Comme Prima" en roulant les "R" comme Dalida… sous les bravos unanimes et généreux de la famille. Je n'étais qu'une enfant... je rêvais de Lumière !...

Quelle gaité ces dimanches à Guyotville ! Quelle harmonie magnifique s'était avant que le grand déluge nous ait tous séparé... aussi bien physiquement qu'affectivement…

Quels Merveilleux souvenirs !… mon enfance de l'autre Côté du bleu…

souslesarbres
8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 16:22
souslesarbres
14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 16:58
Les Ombres...

J'aime observer les ombres…

parce qu'elles racontent la deuxième histoire

celle oubliée que personne ne regarde

celle plus légère et qu'on peut piétiner...

celle qui s'éloigne en douceur pour suivre le soleil

celle de l'éphémère… du silence…

J'aime ces ombres légères

qui ne vivent que par la Lumière...

souslesarbres
3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 12:32
Et le poète Parlait du Rien… du Tout

La solitude

je l'aime comme une femme

ou peut-être un plus qu'une femme

Je l'aime comme une mère

aime son enfant

perdu au milieu de tous les autres

du même âge du même rire

dans la cour de l'école

Comme elle comme cette mère

je ne reconnais pas tout de suite

ma solitude

Elle est tellement semblable à tout

tellement cachée dans tout

indiscernable

comme l'oiseau dans le feuillage

comme le chagrin dedans le rire

Ma solitude est partout dans le monde

bien avant d'être en moi

elle est dans cet homme qui passe avec son chien

elle est cet homme elle est ce chien

Elle est dans le chant de la pluie contre la vitre

Elle est ce chant elle est cette pluie elle est cette vitre

Elle est dans ce linge sur un fil tout au fond du jardin

cette lumineuse ondulation d'un drap blanc sur un ciel bleu

elle est ce fil elle est ce drap elle est ce ciel

Ma solitude je la reconnais vraiment

que lorsqu'elle vient vers moi

se jeter dans mes bras me raconter rieuse

ce quelle a fait dans la journée

qui elle a vu qui l'a blessée

Christian Bobin "La Vie Passante"
souslesarbres

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  • : Pendant que le monde va à sa destinée… moi je reste là… sous les arbres avec mes musiques et mes souvenirs… parfois révoltée, parfois apaisée… mais vivante. © Gabrielle.Ségui - Textes non libres de droits- aout 2011
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