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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 09:58
souslesarbres
13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 14:22
Toutes les barques s’en vont...

Quand j’arrive, toutes les barques s’en vont, l’orage recule devant elles. Une ondée délivre les fleurs obscures, leur éclat recommence et frappe de nouveau les murs de laine. Je sais, tu n’es jamais sûre de rien, mais l’idée du mensonge, mais l’idée d’une erreur sont tellement au-dessus de nos forces. Il y a si longtemps que la porte têtue n’avait pas cédé, si longtemps que la monotonie de l’espoir nourrissait l’ennui, si longtemps que tes sourires étaient des larmes.

Nous avons refusé de laisser entrer les spectateurs, car il n’y a pas de spectacle. Souviens-toi, pour la solitude, la scène vide, sans décors, sans acteurs, sans musiciens. L’on dit : le théâtre du monde, la scène mondiale et, nous deux, nous ne savons plus ce que c’est. Nous deux, j’insiste sur ces mots, car aux étapes de ces longs voyages que nous faisions séparément, je le sais maintenant, nous étions vraiment ensemble, nous étions vraiment, nous étions, nous. Ni toi, ni moi ne savions ajouter le temps qui nous avait séparés à ce temps pendant lequel nous étions réunis, ni toi, ni moi ne savions l’en soustraire.

Une ombre chacun, mais dans l’ombre nous l’oublions.

La lumière m’a pourtant donné de belles images des négatifs de nos rencontres. Je t’ai identifiée à des êtres dont seule la variété justifiait le nom, toujours le même, le tien, dont je voulais les nommer, des êtres que je transformais comme je te transformais, en pleine lumière, comme on transforme sa main en la mettant dans une autre. La neige même, qui fut derrière nous l’écran douloureux sur lequel les cristaux des serments fondaient, la neige même était masquée. Dans les cavernes terrestres, des plantes cristallisées cherchaient les décolletés de la sortie.

Ténèbres abyssales toutes tendues vers une confusion éblouissante, je ne m’apercevais pas que ton nom devenait illusoire, qu’il n’était plus que sur ma bouche et que, peu à peu, le visage des tentations apparaissait réel, entier, seul. C’est alors que je me retournais vers toi.

* * *

Au terme d’un long voyage, peut-être n’irai-je plus vers cette porte que nous connaissons tous deux si bien, je n’entrerai peut-être plus dans cette chambre où le désespoir et le désir d’en finir avec le désespoir m’ont tant de fois attiré. À force d’être un homme incapable de surmonter son ignorance de lui-même et du destin, je prendrai peut-être parti pour des êtres différents de celui que j’avais inventé. À quoi leur servirai-je ?

Paul Eluard "Nuits partagées"

souslesarbres
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 11:42

La lucidité ne soupèse pas, elle ne juge point, elle discerne sans ciller les paupières, sans tourner la tête, sans plisser les lèvres par dégoût. Certes, elle récuse les consolations fallacieuses, parce qu’elles sont faiblesses.Toutefois, elle ne détériore et ne corrode point.

Marie-Madeleine Davy  "La connaissance de soi"
souslesarbres
10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 17:33
"L'aurore" oeuvre de Khalil Gibran

"L'aurore" oeuvre de Khalil Gibran

Je vis, Mary, dans une profonde extase. Les jours et les nuits sont enveloppés d'un ravissement flamboyant. La seule chose que mon coeur désirait ardemment est maintenant en moi. J'aime la Vie et tout ce qui est en Elle. Et vous savez, Mary, que je n'ai jamais beaucoup aimé la Vie.

Durant vingt ans je ne possédais rien d'autre que cette soif persistante de ce que je ne savais pas. Aujourd'hui, c'est différent. Où que j'aille, quoi que je fasse, je vois la même grandiose puissance, la même grandiose loi, qui fait fleurir les éléments en âmes et transforme les âmes en Dieu...

L'âme recherche Dieu, de même que la chaleur recherche les hauteurs, ou que l'eau recherche la mer. La force et le désir de rechercher sont les propriétés inhérentes de l'âme. L'âme ne s'écarte jamais de son chemin, pas plus que l'eau ne risque de couler vers les sommets... L'âme garde sa conscience, sa soif d'un accroissement d'elle-même, et son désir de ce qui reste devant elle... Quand l'âme atteint Dieu, elle prend conscience... que Dieu, aussi, croit, cherche et se cristallise.

Khalil Gibran à Mary Askell (10 février 1916)

souslesarbres
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 11:54
"Matin Rosé"

Aux premières lumières du jour…

C'est le ciel qui vous offre ses couleurs

Comme un rendez-vous secret…

Une complicité qui renaît chaque matin

Comme une douce prière…

souslesarbres
3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 09:56

Dans le silence du matin, sur les branches dénudées du grand Acacia, une dizaine de palombes lissaient soigneusement leur plumes avant leur premier vol du matin…

Chaque saison, il se passe toujours quelque chose de "joli" sur l'arbre roi qui domine le jardin !

souslesarbres
22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 14:08
Un coin de printemps…

Sur le grand Acacia dépouillé de son manteau des beaux jours… deux bouquets de nouvelles feuilles sont nées ces derniers jours.

J'aime beaucoup le mensonge de cette arrière saison si douce... qui fait perdre la tête à ces pousses si naïves qu'elles reviennent à la vie…

J'adore que ce petit coin d'Acacia perde pied et qu'il résiste à l'alternance des saisons…

j'aime cette éclosion de vert issue d'un joli leurre... qui m'offre un coin de printemps...

souslesarbres
21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 13:19
Matin bonheur...

Le jour se lève…

quelle phrase éblouissante !..

souslesarbres
16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 14:52

… Vers le milieu de l'après-midi, un silence s'est fait partout dans le prés. Le ciel soudain a pâli comme quelqu'un à qui on vient d'annoncer une mort. Il n'y avait plus rien. Et puis tout s'est rallumé. C'est quelque chose qui arrive très souvent, vers le milieux de l'après-midi. On ne le remarque guère. Il faut être prisonnier ou malade, ou assis devant une table, en train d'écrire, pour s'en apercevoir : l'étoffe du jour est troué. Par les trous on voit le diable — ou, si vous préférez ce mot plus calme : le néant. Il y a un instant où le monde est laissé seul. Abandonné. C'est comme si Dieu retenait son souffle. Un intervalle du néant entre deux domaines de la lumière.

Christian Bobin "La Grande Vie"
"Un intervalle du néant"
souslesarbres
14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 10:25
"Cette petite musique intérieure"

Le seul grand Maître de notre existence, il est en nous.

C'est notre aptitude à recevoir le message du plus haut… de l'impalpable.

C'est cette douce lumière intérieure qui ne nous quitte jamais.

Le maitre, ce n'est pas ces nouveaux "sages d'opérette" à l'égo "surdimensionné" , qui se multiplient sur le marché plus rapidement que la vitesse de la lumière…

Ce ne sont pas ces mêmes traqueurs de faibles, généralement "tarifés" , pilleurs de consciences… qui n'existent que par votre désarroi, et qui prétendent ressentir, décider à votre place, pour simplement vous éloigner de vous-même... en vous faisant croire le contraire…

Le seul vrai Maître, c'est le créateur de toute chose ici-bas pour qui sait regarder…

"Nul besoin de conseil pour apprendre à se libérer… à s'émerveiller, à aimer."

Le seul Maître… il est au dessus de notre tête, toujours là... en silence quand le regard se pose sur la fleur ou quand le vent s'amuse avec les arbres…

Le Maître, c'est cette petite musique qui vous fait danser avec le soleil du matin, et qui vous fait chanter "au clair de la lune" jusqu'au milieu de la nuit...

Notre plus beau livre, c'est nous qui devons l'écrire…. et personne d'autre.

souslesarbres

  • : SOUS LES ARBRES
  • SOUS LES ARBRES
  • : Pendant que le monde va à sa destinée… moi je reste là… sous les arbres avec mes musiques et mes souvenirs… parfois révoltée, parfois apaisée… mais vivante. © Gabrielle.Ségui - Textes non libres de droits- aout 2011
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