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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 22:47
"Verte -Rive" hors saison... un peu avant le déluge....

"Verte -Rive" hors saison... un peu avant le déluge....

Sur la grande toile qui informe, dérange, et favorise les échanges de toutes natures, il arrive parfois, que certains réseaux sociaux permettent à tout un chacun de retrouver des amis d'avant… ceux de la prime jeunesse… ceux qu'on croyait perdus à jamais...

Ces êtres qu'on n'a jamais oublié, et avec qui on a partagé nos plus grands moments d'insouciance… quand ils réapparaissent dans votre vie après des dizaines et des dizaines d'années, vous en apprennent bien plus sur vous que tous les "Psy" de la terre !…

Ces liens "indestructibles" enfouis dans un coin de votre mémoire, reviennent vers vous comme pour vous rendre un peu de votre jeunesse…. un souffle de vie.

Et immergée dans ce passé, vous vous retrouvez presque nue… tout comme au départ de la grande aventure… celle dont vous rêviez ensemble, pendant ces heures légères où nous avions tous la même richesse… cette jeunesse insolente qui vivait dans le présent et qui se croyait éternelle… là-bas… de l'autre côté de l'horizon, sur ces plages tant aimées… et jamais oubliées…

Alors comme avant, vous rejouez à la balançoire sur les énormes pneus des roues d'avions qui servaient de bouées à tous les enfants de la plage, et qu'on avait tant de mal à crapahuter… juste pour avoir le plaisir de retomber dans l'eau tiède en riant…

Comme avant vous reprenez la petite barque en bois blond qui vous amenait au large des côtes, pour plonger et replonger encore... comme des "petites sirènes" dans des eaux plus bleues… plus profondes.

Tout comme dans ces années de vos douze ans… vous faites revivre le grand "Chien Loup" noir, que vous promeniez en laisse "fièrement" pour épater les copains !…

Et vous parlez encore et toujours de ce pays tant aimé… et de cette atmosphère douce amère… douce parce que le soleil brûlant nous donnait cette folle gaité, et amère parce que le danger était toujours présent, latent… silencieux.

Et vous revivez un peu de ce "là-bas" qui reste à jamais le pays auquel vous avez été arrachés… comme on se débarrasse injustement d'une plante prête à fleurir…

souslesarbres
3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 00:29

J'ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d'être seuls et demandent au couple, au travail, à l'amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l'amitié ni le diable ne peuvent donner : une protection contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d'être seuls fait d'eux les personnes les plus seules au monde.

Christian Bobin "L'épuisement"

souslesarbres
22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 09:56

Les fleurs qu'on ne reçoit jamais n'ont l'odeur de rien… le parfum du néant.

Elles sont emprisonnées sous les pierres d'une maison abandonnée… si éloignée que personne ne les trouvera jamais.

Elles sont froides comme ces vieux conteneurs oubliés sur le quai d'un port du nord… qui restent là… rouillés dans ce désert glacé… trop compacts, trop durs pour se briser.

"Les fleurs que l'on envoie jamais n'ont la couleur de rien, puisque qu'elles sont détachées de toute forme de vie... de toute forme d'Amour."

Les fleurs du néant…
souslesarbres
20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 16:06

Par la fenêtre dans ma chambre, isolée à cause d'un refroidissement saisonnier, je peux observer avec bonheur, le groupe de palombes qui comme chaque année, investit le grand chêne qui surplombe le jardin.

À des heures régulières, ces grands oiseaux élégants, virevoltent de branches en branches et dévorent des dizaines de glands avant qu'ils ne tombent à terre…

Et le grand chêne se transforme alors en un arbre de Noël géant, animé par le déploiement constant des larges ailes de ces petits nuages gris, qui font courber les branches à chacun de leur déplacement…

Devant la fenêtre de ma chambre, malgré le ciel bas de novembre, je ne suis pas seule… cette famille de palombes que j'aime tant devient un peu la mienne…

"L'arbre à Palombes"
souslesarbres
17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 08:41

Il faut que je sois vivant pour écrire, et je ne le suis pas toujours.

Christian Bobin
souslesarbres
16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 15:00
"Les feuilles mortes"  © Ernest Biéler

"Les feuilles mortes" © Ernest Biéler

Les feuilles des arbres qui protègent le jardin du soleil de l'été, ont rejoint le bac de composte, pour donner de la force à la terre d'un prochain printemps...

Elles sont toutes là, mélangées !… celles de l'abricotier, du figuier, de la vigne vierge qui couvre sur le mur de la maison… celles du grand Acacia !… elle sont toutes là avec leurs couleurs d'automne… mélangées pour enrichir l'humus précieux dans le silence de l'hiver…

Les feuilles de ces arbres que je connais par coeur et qui m'accompagnent dans ma solitude bénie, sont comme la voix de l'aimé quand elle résonne dans une pièce de votre maison… elles vous donnent la force de traverser l'hiver, avant de vous ouvrir à la vie d'un prochain printemps.

"Les feuilles mortes de l'automne sont comme le regard de l'aimé quand il vous accompagne… elles se transforment au fil des saisons mais ne meurent jamais."

souslesarbres
11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 11:09
Écoute…

Écoute mon petit… écoute les conseils d'un "vieux" de la mer… d'un Dieu parmi les Dieux !

Ne t'éloignes pas trop de ceux qui te protègent et qui t'ont offert leur maison quand tu étais perdu, seul et et désorienté.

Car l'amour vrai, c'est quand la voix parle à l'oreille et que la main caresse…

C'est quand celui ou celle qui t'aime s'inquiète de ton absence… mais qui se réjouit encore plus quand tu es libre et heureux de te mouvoir…

L'amour c'est quand un visage et un coeur s'illumine dès que tu franchis la porte de la maison…

C'est quand quelqu'un te regarde alangui avant ton sommeil, en pensant tout bas : merci mon Dieu… merci pour ce moment.

C'est quand tu sens sur ta joue un long baiser volé, qui n'en finit pas de te parler et de te parler encore…

Écoutes bien mon petit… je sais que tu m'entends dans le silence ce matin d'automne…

L'amour ce n'est pas posséder, mais se parler… se frôler… sans jamais trop s'éloigner.

souslesarbres
10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 09:10
Il ne faut pas…

II ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes

Parce que Messieurs quand on le laisse seul

Le monde mental Messssieurs

N’est pas du tout brillant

Et sitôt qu’il est seul

Travaille arbitrairement

S’érigeant pour soi-même

Et soi-disant généreusement en l’honneur des travailleurs du bâtiment

Un auto-monument

Répétons-le Messssssieurs

Quand on le laisse seul

Le monde mental

Ment

Monumentalement.

Jacques Prévert
souslesarbres
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 10:45
"Brume" © Jean Texier

"Brume" © Jean Texier

Les jours où je n'écris pas sont les plus nombreux. Ils viennent comme des barbares, se multiplient parfois jusqu'à atteindre des semaines et des mois. Ils ne me font plus peur. Je n'ai plus peur de rien — que de manquer à cette vie noble qui passe dans ma vie comme elle passe dans n'importe qu'elle vie, même la plus misérable, la plus privée de tout, surtout celle-là. Je n'ai jamais de plan, aucune méthode. Il n'y a pas plus de règles pour l'écriture que pour l'amour. Dans les deux cas il faut y aller seul et sans conseil, sans la croyance qu'il y a des coutumes à respecter, des connaissances à savoir.

Quand je commence à écrire c'est que l'écriture est déjà là entière, n'attendant plus que d'être recopiée. Sinon c'est inutile — pas la peine de la chercher, de l'appeler, de la vouloir. Dès la première phrase le tout du livre est donné. Je ne peux pas dire : ici il n'y a encore rien et la seconde après, le texte arrive.

Je ne peux pas plus le dire que séparer l'endroit où la pluie tombe et l'endroit où elle ne tombe pas. Quand il pleut, on a l'impression qu'il toujours plu et qu'il pleuvra toujours. De même quand il fait beau temps. De même devant l'écriture, devant le déluge de la vie blanche.

Christian Bobin "L'épuisement"
souslesarbres
7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 16:17
"Peinture de François Lauret"

"Peinture de François Lauret"

La mémoire est étonnante… et parfois, sans raison aucune, elle vous ramène à des moments si éloignés du présent que cela en devient vertigineux… et aujourd'hui, le film d'une matinée de printemps de mille neuf cent soixante, s'est invité encore une fois dans mon souvenir…

Pendant les vacances de Pâques, dans notre maison de vacances, ma mère avait "exceptionnellement" improvisé une promenade à "Fort De l'Eau", une petite ville balnéaire toute proche de notre petit coin de plage. Chose que nous ne faisions jamais, car pendant l'été, quand la chaleur écrasait les rues et les maisons, nous restions autour de chez nous... pieds nus et en maillot de bain jusqu'à la nuit tombée…

Durant cette matinée claire et calme, après une "longue balade" sur l'avenue principale de la station, nous avions fait une halte dans la meilleure pâtisserie de "la Grand Rue" pour acheter les gâteaux du dessert, et ma mère qui n'était pas coutumière à dépenser le sou pour le superflu, nous avait offert un sorbet au citron que nous avions dégusté tout en continuant notre promenade.

Et le long des grands trottoirs fréquentés par les "promeneurs du dimanche", c'était comme dans un film !… même si nous savions déjà que nous vivions nos derniers jours dans ce pays que nous aimions tant, et où nous étions si heureux !…

Je me revois très clairement avec l'enveloppe de mes treize ans… me préparer, et étrenner mon cadeau d'anniversaire pour la circonstance : un gilet en daim, avec des mocassins assortis…

Et bien que timide et gênée parce que j'avais la volonté de plaire… je me sentais un peu comme les jeunes filles de la génération précédente… je me voulais élégante et libre comme elles… et c'était la première fois que je ressentais cette sensation étourdissante…

Le souvenir de ce jour particulier est si lumineux… qu'il est revenu souvent dans ma vie, sans crier gare… avec ses couleurs, et surtout ses odeurs…

Le parfum des vacances… l'odeur particulière du gilet en daim tout neuf, le goût du "Créponné" au citron, l'air de la chanson gagnante de l'Eurovision entendue juste avant notre départ à la télévision… les effluves du jasmin au détour des rues… tout redevient si réel quand ce matin béni revient vers moi… comme pour me rappeler que l'exceptionnel reste à jamais vivant…

souslesarbres

  • : SOUS LES ARBRES
  • SOUS LES ARBRES
  • : Pendant que le monde va à sa destinée… moi je reste là… sous les arbres avec mes musiques et mes souvenirs… parfois révoltée, parfois apaisée… mais vivante. © Gabrielle.Ségui - Textes non libres de droits- aout 2011
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