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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 11:33
Des Pensées et Méditations de GIBRAN

La Vie nous enlève sur ses ailes et nous porte d'un endroit à l'autre et la Destinée fait de même. Mais nous, qui oscillons de l'une à l'autre, nous entendons d'effrayantes clameurs et ne voyons que ce qui s'érige en obstacle et barre notre chemin.

La beauté se montre à nous sur son trône de gloire, mais nous nous approchons d'elle le coeur rempli de convoitise. Nous arrachons sa couronne de pureté et salissons sa robe par des actes vils.

Lorsque l'Amour nous frôle, tout de mansuétude vêtue, nous le fuyons apeuré, ou nous nous cachons en des endroits obscures, ou encore nous le poursuivons et, en son nom, nous commettons le mal.

Même le plus sage d'entre nous ploie sous le lourd fardeau de l'Amour, bien qu'à la vérité il soit aussi léger que l'espiègle brise du Liban.

La liberté nous invite à sa table pour savourer avec elle ses mets délicieux et ses vins capiteux. Mais étant ses hôtes, nous mangeons avec voracité et voulons nous repaître.

La nature vient à notre rencontre, tendant ses bras accueillants. Elle nous invite à apprécier sa beauté, mais nous redoutons son silence et courons vers des villes encombrées où nous nous entassons comme des moutons fuyant une meute de loups féroce.

La vérité nous appelle à travers le rire innocent d'un enfant, ou le baiser d'une personne aimée, mais nous fermons les portes de l'affection devant elle et la traitons en ennemie.

Le coeur de l'homme crie à l'aide et son âme implore la délivrance, mais nous ne prenons garde à leurs appels, car nous n'entendons ni ne comprenons. Et celui qui entend et comprend, noue l'appelons un fou et lui tournons le dos.

Ainsi les nuits passent et les jours nous saluent et nous enlacent. Mais nous vivons dans l'inconscience et dans la terreur constante du jour et de la nuit. - Nous nous accrochons aux choses terrestres, cependant que la porte d'accès au coeur du Seigneur est grande ouverte. Nous foulons aux pieds le pain de la Vie, cependant que la faim ronge nos coeurs.

Combien généreuse est la Vie pour l'Homme, mais combien l'Homme se tient éloigné de la Vie.

Khalil Gibran

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  • : Pendant que le monde va à sa destinée… moi je reste là… sous les arbres avec mes musiques et mes souvenirs… parfois révoltée, parfois apaisée… mais vivante. © Gabrielle.Ségui - Textes non libres de droits- aout 2011
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