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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 09:10
Il ne faut pas…

II ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes

Parce que Messieurs quand on le laisse seul

Le monde mental Messssieurs

N’est pas du tout brillant

Et sitôt qu’il est seul

Travaille arbitrairement

S’érigeant pour soi-même

Et soi-disant généreusement en l’honneur des travailleurs du bâtiment

Un auto-monument

Répétons-le Messssssieurs

Quand on le laisse seul

Le monde mental

Ment

Monumentalement.

Jacques Prévert
souslesarbres
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 10:45
"Brume" © Jean Texier

"Brume" © Jean Texier

Les jours où je n'écris pas sont les plus nombreux. Ils viennent comme des barbares, se multiplient parfois jusqu'à atteindre des semaines et des mois. Ils ne me font plus peur. Je n'ai plus peur de rien — que de manquer à cette vie noble qui passe dans ma vie comme elle passe dans n'importe qu'elle vie, même la plus misérable, la plus privée de tout, surtout celle-là. Je n'ai jamais de plan, aucune méthode. Il n'y a pas plus de règles pour l'écriture que pour l'amour. Dans les deux cas il faut y aller seul et sans conseil, sans la croyance qu'il y a des coutumes à respecter, des connaissances à savoir.

Quand je commence à écrire c'est que l'écriture est déjà là entière, n'attendant plus que d'être recopiée. Sinon c'est inutile — pas la peine de la chercher, de l'appeler, de la vouloir. Dès la première phrase le tout du livre est donné. Je ne peux pas dire : ici il n'y a encore rien et la seconde après, le texte arrive.

Je ne peux pas plus le dire que séparer l'endroit où la pluie tombe et l'endroit où elle ne tombe pas. Quand il pleut, on a l'impression qu'il toujours plu et qu'il pleuvra toujours. De même quand il fait beau temps. De même devant l'écriture, devant le déluge de la vie blanche.

Christian Bobin "L'épuisement"
souslesarbres
7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 16:17
"Peinture de François Lauret"

"Peinture de François Lauret"

La mémoire est étonnante… et parfois, sans raison aucune, elle vous ramène à des moments si éloignés du présent que cela en devient vertigineux… et aujourd'hui, le film d'une matinée de printemps de mille neuf cent soixante, s'est invité encore une fois dans mon souvenir…

Pendant les vacances de Pâques, dans notre maison de vacances, ma mère avait "exceptionnellement" improvisé une promenade à "Fort De l'Eau", une petite ville balnéaire toute proche de notre petit coin de plage. Chose que nous ne faisions jamais, car pendant l'été, quand la chaleur écrasait les rues et les maisons, nous restions autour de chez nous... pieds nus et en maillot de bain jusqu'à la nuit tombée…

Durant cette matinée claire et calme, après une "longue balade" sur l'avenue principale de la station, nous avions fait une halte dans la meilleure pâtisserie de "la Grand Rue" pour acheter les gâteaux du dessert, et ma mère qui n'était pas coutumière à dépenser le sou pour le superflu, nous avait offert un sorbet au citron que nous avions dégusté tout en continuant notre promenade.

Et le long des grands trottoirs fréquentés par les "promeneurs du dimanche", c'était comme dans un film !… même si nous savions déjà que nous vivions nos derniers jours dans ce pays que nous aimions tant, et où nous étions si heureux !…

Je me revois très clairement avec l'enveloppe de mes treize ans… me préparer, et étrenner mon cadeau d'anniversaire pour la circonstance : un gilet en daim, avec des mocassins assortis…

Et bien que timide et gênée parce que j'avais la volonté de plaire… je me sentais un peu comme les jeunes filles de la génération précédente… je me voulais élégante et libre comme elles… et c'était la première fois que je ressentais cette sensation étourdissante…

Le souvenir de ce jour particulier est si lumineux… qu'il est revenu souvent dans ma vie, sans crier gare… avec ses couleurs, et surtout ses odeurs…

Le parfum des vacances… l'odeur particulière du gilet en daim tout neuf, le goût du "Créponné" au citron, l'air de la chanson gagnante de l'Eurovision entendue juste avant notre départ à la télévision… les effluves du jasmin au détour des rues… tout redevient si réel quand ce matin béni revient vers moi… comme pour me rappeler que l'exceptionnel reste à jamais vivant…

souslesarbres
6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 08:40
 Ce n'est pas le poète qui écrit...

Ce n'est pas le poète qui écrit

ce sont les soleils de sa vie qui déposent une à une, des lettres silencieuses sur la grande page blanche de son coeur…

Ce n'est pas le poète qui écrit

mais les orages intérieurs de ses nuits qui projettent l'encre bleu sur ses pages endormies…

Ce n'est pas le poète qui écrit

il n'est qu'un passeur choisi par des anges… pour accrocher des éclats de rêves sur ses pages endormies…

souslesarbres
5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 12:38

La vérité, c'est qu'il y a des moments dans l'histoire, des moments comme celui que nous vivons, où tout ce qui empêche l'homme de désespérer, tout ce qui lui permet de croire et de continuer à vivre, a besoin d'une cachette, d'un refuge. Ce refuge, parfois, c'est seulement une chanson, un poème, une musique, un livre.

"Il n'y a pas d'art désespéré - le désespoir, c'est seulement un manque de talent."

Romain Gary "Éducation européenne"

Folon "La mer" image J-Jacques Vandamme

Folon "La mer" image J-Jacques Vandamme

souslesarbres
2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 14:59

Je me demande comment on ne peut pas devenir fou dans les rares instants où la splendeur de l'univers enflamme notre cerveau. Quelque chose nous protège de cette explosion qui, comme tout ce qui nous protège, nous nuit.

* * *

Des milliers de brins d'herbe qui émeuvent le prés sont des milliers de sages. Autant de leçons données à la même seconde, C'est épuisant et encore, je ne compte pas les poèmes écrits sur l'air par le papillon blanc, ses ailes frémissant comme la main d'un secrétaire pressé de prendre des notes.

A l'ouverture de la porte, la feuille de vigne vierge tombe sur mon épaule avant de glisser à terre, et c'est comme la douceur d'une main fantôme, toute l'amitié des morts pour les vivants.

Christian Bobin "Éclats du Solitaire"

"Éclats du Solitaire"

Les mots ailés de Christian Bobin, je les ai tous… pas un ne manque dans la bibliothèque de la chambre silencieuse…

Ces petits livres bien rangés sur l'étagère en bois blond, je ne les lis pas souvent… mais je sais qu'ils sont là, et c'est ça qui est important…

j'aime savoir que je peux en ouvrir un quand mon coeur est chancelant… et que je vais y trouver cette communion qui va m'emporter et me permettre de me retrouver intacte…

J'aime savoir qu'à chaque page, je vais rejoindre l'essentiel et la légèreté qui m'abandonne parfois…

J'aime imaginer que quelqu'un peut transposer à ma place, ce que je ressens et que je ne saurais écrire…

G.S
souslesarbres
1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 22:55
Morne Saison...

Sur le chemin qui va vers l'hiver

plus une fleur à cueillir…

sinon ramasser des feuilles

qui elles aussi ont fini leur vie

souslesarbres
31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 11:12

Des instants de douceur et de grâce

s'invitent à la première lumière du jour...

et ça résonne comme le cadeau d'un messager

qui sonne à ma porte… un matin de Noël

souslesarbres
28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 15:58
"Hope Builder Award" ©  Christine O'Brien

"Hope Builder Award" © Christine O'Brien

Ne laisse pas le soin de gouverner ton cœur à ces tendresses parentes de l'automne auquel elles empruntent sa placide allure et son affable agonie.

L'œil est précoce à se plisser.

La souffrance connaît peu de mots.

Préfère te coucher sans fardeau ; tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger.

Tu rêveras que ta maison n'a plus de vitres.

Tu es impatient de t'unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit.

D'autres chanteront l'incorporation mélodieuse, les chairs qui ne personnifient plus que la sorcellerie du sablier.

Tu condamneras la gratitude qui se répète. Plus tard, on t'identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l'impossible.

Pourtant.

Tu n'as fait qu'augmenter le poids de ta nuit.

Tu es retourné à la pêche aux murailles, à la canicule sans été.

Tu es furieux contre ton amour au centre d'une entente qui s'affole.

Songe à la maison parfaite que tu ne verras jamais monter.

À quand la récolte de l'abîme ?

Mais tu as crevé les yeux du lion.

Tu crois voir passer la beauté au-dessus des lavandes noires…

Qu'est-ce qui t'a hissé une fois encore, un peu plus haut, sans te convaincre ?

Il n'y a pas de siège pur.

 René Char
souslesarbres
27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 19:44
souslesarbres

  • : SOUS LES ARBRES
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  • : Pendant que le monde va à sa destinée… moi je reste là… sous les arbres avec mes musiques et mes souvenirs… parfois révoltée, parfois apaisée… mais vivante. © Gabrielle.Ségui - Textes non libres de droits- aout 2011
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